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Pénurie de pétrole et révolution verte

Publié le 1 octobre, 2006 | Pas de commentaires
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 Sous les pavés, la lumière
Athos Nonante Neuf, Sous les pavés, la lumière, 2005
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Notre époque sera immanquablement témoin d’une importante révolution technologique alors que le pétrole, jadis abondant et bon marché, devient plus rarissime et que son prix atteint des sommets. Les causes de cette tendance sont multiples : demande élevée provenant de puissances émergentes telles la Chine et l’Inde, instabilité politique dans certains pays producteurs, faible investissement dans les dernières années pour la prospection de nouveaux gisements et épuisement rapide de certains gisements actuellement exploités. Le pétrole est aujourd’hui une ressource première à la base de l’économie mondiale. Non seulement le pétrole constitue-t-il une importante source d’énergie, mais il est également utilisé pour fabriquer un nombre incalculable de produits de la vie quotidienne.

Par conséquent, la fin de l’abondance de cette substance stimule la recherche de substituts. Vu l’ampleur du changement au niveau mondial, celui-ci représente une incroyable opportunité d’effectuer un virage « vert » axé sur des technologies plus respectueuses de l’environnement.

Dans les médias traditionnels, la représentation du rôle du pétrole dans notre société est réductrice. En effet, cette représentation se limite trop souvent à son utilisation dans les carburants puisque cela touche profondément la vie quotidienne de chacun. En réalité, l’économie mondiale entière repose sur cette ressource et il est pertinent de se questionner sur l’origine de cette dépendance.

Auparavant surclassée par le charbon, l’utilisation du pétrole a engendré à la fin du 19e siècle la construction du « moteur à explosion ». Plus petit que ses prédécesseurs, ce moteur a révolutionné les modes de vie en ouvrant la voie à l’invention de l’automobile et, plus tard, de l’avion. Au milieu du 20e siècle, le pétrole bon marché détrône le charbon comme source d’énergie et des percées technologiques en chimie élargissent ses applications. En effet, le pétrole brut (extrait de réservoirs souterrains) n’est en réalité jamais directement utilisé. Le pétrole est un mélange d’hydrocarbures très variés et la purification de ses divers composants se fait par raffinage. Le pétrole est donc la source première de nombreuses substances aujourd’hui essentielles à la production de matières plastiques, peintures, colorants, cosmétiques, médicaments, etc.

Mais le pétrole n’est pas irremplaçable. Il existe plusieurs ressources alternatives selon le domaine d’application. Si certaines technologies ne sont pas actuellement au point, d’autres plus facilement applicables à court terme ne sont pas nécessairement souhaitables du point de vue environnemental. L’individu, en tant que citoyen et consommateur, possède un poids considérable dans le choix des nouveaux substituts et procédés. Il reste à espérer qu’il se tienne à l’affût des nouvelles connaissances scientifiques afin d’utiliser ce pouvoir à bon escient. Ceci est essentiel afin d’influencer les politiques nationales, mais également les compagnies dont les agissements se font très souvent dans l’ombre.

Pour le domaine énergétique, il est bien sûr primordial de développer de manière accrue et dans la mesure du possible des cellules d’énergie renouvelables comme l’hydroélectricité, l’éolien ou le solaire. D’autre part, les centrales thermiques au gaz naturel et au charbon ne font pas bonne figure dans le contexte du protocole de Kyoto. Néanmoins, combinées à des technologies de combustion propre et à des techniques de capture et de stockage de gaz à effet de serre, ces centrales pourraient devenir « propres » et sans danger comparativement à l’utilisation de l’énergie nucléaire.

En ce qui concerne le transport, le virage amorcé vers des véhicules moins énergivores et hybrides doit absolument se poursuivre. De plus, le développement de véhicules complètement électriques et fonctionnant à l’hydrogène doit être accéléré.

Pour ce qui est de la production des produits chimiques essentiels aux industries, le recours au gaz naturel est évoqué et beaucoup de recherches se font en ce sens. Les réserves en gaz naturel sont certes épuisables, mais présentent l’avantage d’être plus abondantes et d’être mieux distribuées sur la planète comparativement au pétrole. Toutefois, une nouvelle possibilité intéressante émerge : celle de la bioraffinerie. Le concept de la bioraffinerie utilise de la biomasse (maïs, arbres, etc.) comme matière première pour la production de produits chimiques variés. Cette technologie est néanmoins limitée par la superficie des terres cultivables et dans le cas de l’utilisation du bois, la gestion de cette ressource est actuellement mise à mal dans plusieurs endroits du monde. L’un des avantages de se baser sur une matière première est qu’elle se régénère sur une période de temps raisonnable à l’échelle humaine contrairement au gaz naturel. À long terme et une fois le gaz naturel épuisé, il est probable que l’humanité entière se tournera vers la biomasse afin de répondre à ses besoins essentiels. Il faut néanmoins espérer que la consommation des sociétés occidentales se sera significativement réduite, faute de quoi la nature aura vite fait de disparaître.

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