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Compte-rendu du Manuel de l’antitourisme, de Rodolphe Christin

Publié le 9 juin, 2010 | 8 commentaires
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D’emblée, il convient de préciser que le Manuel de l’antitourisme[1] est moins un manuel qu’un pamphlet où l’auteur expose et dénonce les travers du tourisme. Reléguées essentiellement en fin d’ouvrage, les pistes sur la manière d’être «anti-touriste» baignent en effet dans une critique amère du développement touristique.

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Yersinia, three, 2007
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Le but visé par cette critique est clair : initier une distanciation qui nous amène à remettre en question nos habitudes occidentales. La thèse de Rodolphe Christin transcende en cela le seul tourisme pour s’appliquer à un phénomène bien plus vaste et profond, celui de la mondialisation dont le tourisme n’est en fait qu’un épiphénomène. Selon l’auteur, le tourisme actuel nous éloignerait à la fois de notre environnement et de nous-mêmes. Comment ? En favorisant un développement qui se soucie peu des impacts écologiques, en privilégiant les rapports économiques aux rapports humains et en soutenant une occidentalisation des différentes cultures.

Ces trois grandes dimensions écologique, économique et culturelle s’entremêlent au fil de l’ouvrage, si bien que les différents chapitres se font écho. Ainsi, les deux chapitres intitulés Le productivisme des vacances et La planète bocalisée discutent d’un même sujet, bien que Christin lui attribue divers noms : « mythologie productiviste », « idéologie développementiste » ou encore « management du monde »[2]. Ce même sujet sera repris plus loin sous le nom de « standardisation du monde »[3]. Si cette redondance ne favorise pas la clarté du propos (aussi juste et lucide soit-il), elle démontre néanmoins à quel point le tourisme conjugue à lui seul plusieurs aspects de la mondialisation.

Sur le plan de l’écologie, Christin s’interroge sur les conséquences d’un développement touristique en croissance. Élevée au rang de première activité économique mondiale, l’industrie touristique repose sur la démocratisation du transport aérien et contribuerait ainsi à l’augmentation des gaz à effet de serre. Le tourisme entraîne également sur une standardisation des aménagements (hôtels, plages, visite guidée), ce qui entraîne une perte d’exotisme au profit de décors artificiels pour cartes-postales. Même le versant «durable» du tourisme s’inscrit dans une logique de marketing qui renvoie à la dimension économique. En bref, Christin dénonce le fait que les lieux touristiques soient devenus des espaces de consommation : l’environnement est sacrifié au nom d’un présumé progrès.

Ce constat demeure pourtant superficiel : comment l’enrayement du tourisme pourrait-il régler à lui seul les problèmes de pollution ou de mutilation de paysages (pour ne citer que ceux-là) ? Pareille question démontre combien Christin s’attaque en fait à un phénomène plus profond, soit celui de la mondialisation dont le tourisme n’est qu’un épiphénomène. En ce sens, ne faudrait-il pas plutôt voir le verre à moitié plein et considérer des efforts mercantiles tel que l’ajout d’un «Green Index» dans les guides de voyage Lonely Planet (une seule page pourtant, publicisée en couverture des guides) comme autant d’exemples d’un changement des mentalités ? L’industrie touristique et les touristes eux-mêmes commenceraient-ils à partager les critiques de Christin ? Qui sait ce que sera le tourisme en 2060 ? Et pourra-t-on encore l’appeler « tourisme » ? Le cri d’alarme lancé par Christin reste néanmoins pertinent en ce qu’il contribue à conscientiser le lecteur sur les manières dont le tourisme actuel modifie et uniformise l’environnement au prix d’une perte de la diversité et de l’exotisme.

life is elsewhere
Visserligen, life is elsewhere, 2008
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Son propos conserve une pertinence lorsqu’il porte sur les liens entre le tourisme et les deux autres dimensions, soit l’économie et la culture. Selon Christin, le caractère industriel du tourisme fait en sorte que les rapports économiques avec l’Autre l’emportent sur les rapports humains. Finies les relations authentiques ; tout est maintenant calculé, planifié, voire balisé. Encore une fois, la faute n’incombe pas au tourisme lui-même, mais bien à cette mondialisation qui a pour conséquence une standardisation à l’occidentale. Le développement économique devient alors le modèle à suivre pour devenir semblable à l’Occident et ainsi profiter de son présumé bien-être lié au capitalisme. Christin dénonce cette mentalité de zombie où les masses ne questionnent pas le confort dont elles bénéficient depuis l’avènement de l’American Way of Life.

Ce n’est pourtant pas ce confort qui pose problème, mais bien la manière dont nous l’utilisons. Rien de mal à vouloir se développer économiquement, tout est dans la façon de le faire, et si Christin paraît le percevoir, il semble toutefois frapper à côté du clou. Dans le même esprit, Christin chasse des fantômes en critiquant le « management du monde » et l’« idéologie développementiste » selon laquelle il faut tout gérer et tout prévoir « au nom du profit, de l’efficacité, de la rentabilité, de la rationalisation et même de la préservation de la vie. »[4] Ce qu’oublie l’auteur, c’est que ce « management du monde » a toujours existé chez l’être humain selon les moyens offerts à chaque époque (par exemple, le développement des systèmes économiques, du troc préhistorique aux bourses de Wall Street). De fait, les neurosciences conçoivent le cerveau comme un instrument de simulation et de prédiction. Il n’y a donc rien d’anormal à optimiser notre propre développement. Il s’agit plutôt de s’objectiver nous-mêmes (entre autres à travers une autocritique comme celle faite ici par Christin) afin de mieux ajuster notre développement environnemental, économique et culturel. Même si son propos s’attarde à critiquer un épiphénomène de la mondialisation, le pamphlet de Christin reste en cela un effort louable de conscientisation.

La critique articulée par Christin souffre malgré tout d’une argumentation émotive et fondée sur des jugements de valeurs. À titre d’exemple, il écrit que le développement « paraît aller de lui-même, presque naturellement, sans susciter d’interrogations et encore moins de contestations, hormis, bien évidemment, chez quelques écologistes irréalistes, « khmers verts », utopistes libertaires et autres marginaux sans influence. »[5] Mis à part quelques statistiques, les références y sont trop souvent littéraires, et peu d’entre elles donnent du souffle à cette « utopie libertaire ». Parsemé d’exagérations telles que « le tourisme est partout ! », le texte ne contient malheureusement aucun commentaire ni aucun apport de ceux qui subissent le tourisme. Il en résulte une critique adressée par un Blanc à d’autres Blancs, alors qu’une participation critique de l’Autre profiterait justement au débat. De plus, Christin semble oublier que cet Autre a lui aussi le droit de se moderniser, même si cela doit se faire à l’intérieur d’un cadre touristique bancal et imparfait. En dépit de ces quelques reproches, le livre de Christin demeure superbement écrit tout en constituant une autocritique salutaire de nos pratiques touristiques occidentales.

Notes

[1] Montréal, Éditions Écosociété, 2010 (2008), 106 p.

[2] Pages 46, 49 et 59.

[3] Page 70.

[4] Pages 59-60.

[5] Page 43.

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Commentaires

8 Responses to “Compte-rendu du Manuel de l’antitourisme, de Rodolphe Christin”

  1. David König
    février 11th, 2011 @ 04:29

    Bonjour,
    Je vous trouve un peu sévère (après tout comme vous l’avez noté il s’agit davantage d’un pamphlet, ayant pour but de provoquer un déclic, que d’une analyse étayée par des chiffres et des statistiques) mais votre critique est vraiment intéressante et pose des questions de fond. Je vous signale le second opus de Rodolphe Christin que nous venons de publier; suite à ce premier volet « négatif », c’est cette fois un développement positif consacré à l’essence du voyage. Où l’auteur est moins sociologue que voyageur et philosophe/ Il s’agit de l’ouvrage intitulé « Passer les borns. Sur le fil du voyage ».
    Amicalement,
    l’éditeur 🙂

  2. Rodolphe Christin
    mars 10th, 2011 @ 10:29

    Monsieur,

    Vos remarques sont en effet intéressantes car mon livre vous permet de faire valoir votre propre pensée. Pourquoi pas ?

    Je voudrais néanmoins apporter quelques précisions quant aux idées que j’expose dans ce Manuel de l’antitourisme.

    J’utiliserais selon vous plusieurs termes pour désigner un phénomène identique, « productivisme », « développement », « management du monde », « standardisation »…
    Pour le coup, c’est vous-même qui faite une confusion, car à mon sens ces réalités s’emboitent les unes dans les autres à la manière d’une poupée gigogne mythologique, mais elles ne recouvrent pas des réalités tout à fait identiques. Le productivisme est une modalité de l’idéologie du développement ; le management du monde, à leur service, est une méthode d’administration des choses et des personnes (considérées comme « ressources ») recherchant l’efficience. Quant à la standardisation, elle est le fruit d’une universalisation (relative mais prégnante) du modèle civilisationnel occidental.

    Dire que le management du monde a toujours existé est à mon avis une contre-vérité qui montre à tel point notre pensée, en l’occurrence la vôtre, est colonisée en profondeur par cette idéologie qui est le prolongement intégriste de la gestion (qui, elle, a peut-être bien toujours existé, mais selon des critères tellement variables – c’est-à-dire non exclusivement économiques- selon les époques et les cultures que l’opportunité d’utiliser ce terme très connoté économiquement est discutable).

    Le tourisme serait un épiphénomène de la mondialisation, dîtes-vous. Je préciserai pour ma part que la « mondialisation » telle que nous la connaissons est elle-même la conséquence de l’invention du moteur à explosion, associée à l’universalisation du capitalisme. Lequel capitalisme a connu une expansion sans précédent grâce à la révolution industrielle, dynamisée par les innovations technologiques (ah, la machine à vapeur !), qui a nécessité de s’attacher la main d’œuvre grâce à l’invention, puis la généralisation, du salariat, et plus précisément du salariat urbain. Or le tourisme, en tant que phénomène social d’envergure, a été rendu possible grâce à l’excédent économique du salaire et au temps « libre » des congés payés. De surcroît, son déploiement aisé dans l’espace repose, encore et toujours, sur le moteur à explosion et des énergies accessibles en quantités importantes. Bref, la réalité est complexe, comme dirait Edgar. Le consensus touristique mérite d’être dynamité à l’instar du consensus sportif, piliers soi-disant vertueux de la quête du « bonheur » dans nos sociétés du « bien-être » (sociétés qui détruisent pourtant comme jamais l’ensemble du vivant). D’autant que l’ethos touristique infiltre tranquillement la réalité sociale et l’esthétique de nos univers quotidiens – extension du domaine du Parc…

    Vous dites encore que mes critiques sont celles d’un Blanc qui s’adresse à d’autres Blancs. Encore heureux ! Le tourisme est un phénomène principalement de Blancs entre eux, puisque ce sont en majorité, pour quelques temps encore, des Blancs qui voyagent pour le plaisir. Les quatre premières destinations touristiques comptent en 2010 trois pays du Nord. Vous concluez, à tort, que je ne donne pas la parole à ceux qui subissent le tourisme. Je vais donc vous faire une confidence, il se trouve que je suis français, première destination touristique du monde…

    Bien à Vous,

    RC

  3. Carl Rocray
    mars 14th, 2011 @ 22:47

    Monsieur Christin,

    J’aimerais d’abord vous remercier d’avoir lu mon compte-rendu de votre livre et aussi d’avoir pris le temps de m’écrire. Si j’ai semblé sévère avec vous, c’est que votre sujet me tient à coeur. Nous sommes davantage unis dans nos idées que vous devez le croire, mon point de vue étant probablement plus macro que le vôtre. C’est ce point de vue qui m’amène à dire que le management du monde a toujours existé : toutes les formes de vie survivent au moyen de ressources qu’elles essayent d’exploiter toujours le plus efficacement possible. Ce n’est pas une question d’époque ou de culture, mais bien de comportement naturel du (sur)vivant. C’est aussi pourquoi je dis que vous frapper à côté du clou, parce que l’éventuel changement des mentalités risque de se jouer sur un tout autre tableau que celui de l’économie. Mais, et je le répète, nous parlons probablement de la même chose. J’apprécie d’ailleurs votre analogie de la poupée gigogne, simple, efficace, et qui démontre qu’il y a généralement une poupée ‘’macro’’ pour englober la précédente. Comme j’ai déjà entendu en voyage, ‘’Same-same, but different!’’

    Quant à mon souhait de voir l’Autre (le Non-Blanc) davantage inclus dans votre manuel, c’est parce que vous y parlez quand même de mondialisation. Je sais que la France est la reine des destinations touristiques, mais vous semblez être aussi concerné par le sort des pays dits en développement, alors l’opinion de leurs habitants m’aurait semblée pertinente. Ne serait-ce que pour avoir leur point de vue sur le tourisme, le management du monde, etc. Ils auraient probablement quelques leçons d’anti-tourisme à nous offrir…!

    Encore une fois merci de m’avoir écrit!
    J’adore votre plume!
    À l’instar de nos initiales, nos opinions peuvent sembler inverses, mais ce sont les mêmes, vues sous un autre angle…!

    CR

  4. Carl Rocray
    mars 14th, 2011 @ 22:51

    Monsieur König,

    Merci beaucoup pour votre message, je lirai le nouvel ouvrage de M. Christin avec plaisir!
    Et si j’ai été sévère avec son premier manuel, c’est vraiment parce que le sujet me tenait à coeur. Bravo et continuez de publier de tels ouvrages! Il est toujours bon d’aiguiser ses idées sur celles des autres…!
    Bonne journée!

    Carl Rocray

  5. Rodolphe Christin
    mars 15th, 2011 @ 06:41

    Bonjour Carl,

    Ca me gène vraiment ce que vous dites, lorsque vous expliquez que le « Management » a toujours existé et qu’il s’agit d’un processus naturel.

    Pour le coup, je pense que nous ne pensons pas du tout la même chose sur ce point. Ou alors il y a un malentendu quant à l’usage du terme de Management, qui peut peut-être s’expliquer par la différence de nos situations respectives par rapport à l’usage de l’anglais (vous êtes sûrement plus proche de l’usage originel du terme qui équivaut me semble-t-il à « gestion » alors qu’en France, le management (mot universel s’il en est, utilisé à tort et à travers dans les organisations) c’est encore autre chose que la gestion). Et le piège idéologique du management est qu’il tend de plus en plus à s’appliquer à tout et qu’il peut donner l’illusion qu’il est naturel. Un auteur canadien est particulièrement intéressant sur ce point : Henri Mintzberg.

    Ensuite l’efficacité (consistant simplement à utiliser des moyens pour parvenir à ses fins) n’est pas l’efficience, laquelle introduit un rapport à la fois plus subtil et plus violent : faire plus avec moins, essentiellement dans le champ économique. Ce dogme s’appliquera-t-il bientôt au champ écologique, telle est la question…

    Le management est le prolongement mondialisé (au départ venu d’Amérique du Nord et dont Taylor est un précurseur)de la gestion économique poussée à son comble. C’est un type d’ingénierie sociale, produisant une idéologie particulière soucieuse de mettre les travailleurs (notamment salariés) en ordre de marche, et plus généralement il sert une vision soucieuse de mettre le monde en production afin de le transformer en argent. C’est une discipline de l’enrôlement qui n’a rien de naturel. Il s’agit au contraire d’une construction perfectionnée, stratégique, qui distribue le pouvoir et énonce les finalités de l’action.

    Les ethnologues nous montrent justement que cette recherche d’efficience économique, norme officielle des sociétés de croissance, n’est pas du tout universelle. Georges Bataille, aussi…

    Pour ce qui concerne votre souhait légitime de voir le tourisme vu du côté non-Blanc, je vous invite à lire les écrits de Mimoun Hillali. Mais aussi de guetter la parution prochaine d’un livre collectif que j’ai l’honneur de coordonner avec Philippe Bourdeau : « Le tourisme : émancipation ou contrôle social ? ». Je vous ferai signe le moment venu…

    Bien à vous,

    RChristin

  6. Carl Rocray
    mars 16th, 2011 @ 14:58

    Bonjour Rodolphe,

    C’est encore une joie de lire votre réponse, et je suis également gêné de vous gêner avec la question du «management» car ce n’est pas du tout mon but. Il y a probablement malentendu quant au sens du mot; à mon sens («macroscopique»), le «management» est une manière d’utiliser un système donné, que ce dernier soit économique, politique, religieux, biologique, etc. Dans chacun de ces cas, le but reste l’efficience, soit maximiser les «profits» avec le minimum d’énergie. Je pense que c’est une chose innée, bien que sa forme puisse changer selon l’époque, l’espèce animale/végétale, le champ d’application, etc. Le «management» serait donc «naturel» en ce qu’il est inné : ce qui ne signifie pas que nous le contrôlons parfaitement. Même un virus peut éliminer son hôte et ainsi précipiter sa propre perte. Notre développement industriel capitaliste en est un autre exemple, tout comme votre présentation du tourisme actuel. Et nous sommes une espèce qui apprend lentement (de notre point de vue!) de ses erreurs, mais qui est néanmoins capable de le faire. Une des premières étapes consiste d’ailleurs à objectiver ses erreurs/expériences, ce que vous faites avec le manuel de l’antitourisme. Il s’agit ensuite d’utiliser ces informations pour modifier nos comportements. Selon moi, ce dont vous parlez dans le manuel dépasse les limites du tourisme, de l’économie, etc. Vous parlez de notre nature et vous critiquez à juste titre des comportements qui nous sont nuisibles si nous ne les comprenons/maîtrisons pas…

    Le Taylorisme est naturel : c’est peut-être une expression récente du «management», mais c’est aussi une volonté d’optimiser notre rapport aux ressources dont nous disposons (et croyez-moi, même si j’ai critiqué votre émotivité, je n’en pense pas moins et je me fais des ulcères à rager contre notre rapport égoïste à la Nature). Un peu à la manière des chimpanzés qui effilochent de petites branches pour ainsi «pêcher» plus de fourmis dans les fourmilières, nous optimisons notre rapport à la Nature, et je pense que cette optimisation est naturelle.

    Quant à la non-universalité de la recherche d’efficience économique, je comprends votre point de vue tout en vous rappelant que le mien vise à dépasser les limites économiques ou autre pour plutôt englober l’ensemble des comportements humains. En d’autres termes, je crois que la recherche de l’efficience est une constante de la Vie en général, des cellules jusqu’à nous. L’évolution constitue d’ailleurs un moteur de cette recherche.

    J’espère être un peu plus clair…!
    Et je vous relirai avec plaisir, surtout si vous parlez «voyage»! Combien de fois ai-je soupiré en voyant un minibus blanc débarquer ses touristes tous habillés pareils pour un 10 minutes de photos… Oui, l’Occident est peuplé de zombies, et j’en fais (malheureusement!) partie!

    Bonne journée et au plaisir!

    Carl

  7. Rodolphe Christin
    mars 23rd, 2011 @ 03:57

    Bonjour,

    Eh bien, je vous le confirme : entre vous et moi, c’est le grand écart. Notamment en raison de ce réflexe qui vous fait naturaliser des phénomènes socio-historiques singuliers. La différence entre nos points de vue n’est pas liée du tout à la simple question de l’optique macro/micro.

    Votre définition « naturaliste » du management n’en est en réalité pas une du tout et vous conduit à une tautologie.

    Bien à vous,

    RC

  8. Carl Rocray
    mars 28th, 2011 @ 12:57

    Bonjour Rodolphe,

    Alors oui, c’est le grand écart, mais je persiste à penser qu’il est plus apparent que réel, même si ma vision est plus macro.
    Je ne comprends pas pourquoi un phénomène comme la mondialisation ou le management devraient être des monopoles «humains» et «singuliers». Selon moi, il s’agit plutôt d’expressions humaines et singulières de phénomènes naturels qui se voient aussi chez d’autres espèces, sous d’autres formes et à d’autres époques.
    Pourriez-vous m’expliquer en quoi ma vision naturaliste débouche sur une tautologie? Si je peux résumer ma pensée, tout ce dont vous parlez dans votre manuel est déjà présent dans la nature depuis que la vie existe. C’est plutôt moi qui vous trouve limité au «conjecturel» au lieu d’avoir une vision d’ensemble dans le long terme. Ceci dit, toutes nos visions sont correctes et complémentaires, d’où mon insistance sur notre proximité et non pas notre grand écart…

    Merci encore et bonne semaine à vous!

    CR

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