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De la pensée critique au savoir légitime: l’université en questions. Partie I

Publié le 1 février, 2009 | Pas de commentaires
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La remise en cause de la mission de l’université n’est pas neuve. Cette institution, quasi-millénaire, a connu plusieurs évolutions et critiques depuis sa fondation au Moyen Âge jusqu’à nos facultés modernes. Malgré cela, l’observateur extérieur, et plus encore l’étudiant y ayant passé quelques temps, ne peut s’empêcher de s’interroger devant les déboires récents de certaines universités québécoises, l’UQAM au premier chef. D’où provient ce malaise? Est-il seulement le fruit de l’ambition éhontée de quelques gestionnaires et recteurs mégalomanes ou provient-il plutôt d’une évolution plus fondamentale de la place de l’université, voire de la réflexion critique et de l’intellectuel dans notre société? La première partie de cet article propose un rapide survol de l’évolution de l’institution universitaire depuis sa fondation, que viendra compléter une seconde partie traitant davantage des enjeux entourant l’université dans un monde dominé par l’idéologie néo-libérale.

Burning Witches, 1555
Bob Bobster, Burning Witches, 1555, 2009
Certains droits réservés.

Le présent article se veut avant tout un essai de synthèse historique de l’évolution de l’université et de la place de l’intellectuel (ou de la critique intellectuelle) en son sein, voire au sein de la société en général. Il ne s’agit en rien d’une étude exhaustive de ces questions, mais le lecteur y trouvera cependant des pistes de réflexion susceptibles d’encourager le débat et la réflexion, ce qui est, après tout, la mission première du Panoptique. L’auteur de ces lignes adopte ici une double posture, soit celle d’un étudiant connaissant bien les rouages de l’institution universitaire, mais ayant également décroché assez longtemps de celle-ci pour pouvoir considérer de l’extérieur le champ (et l’ethos) universitaire et son inscription sociale.

Retour sur la genèse de l’université

L’université est apparue au XIIIe siècle, dans un mouvement de distanciation vis-à-vis de l’institution ecclésiale. Progressivement, les maîtres s’installèrent en dehors des cathédrales et abbayes, qui tenaient alors lieu d’uniques centres d’enseignement. Ils se constituèrent en corporation afin de fournir un enseignement laïque aux étudiants et se réserver un espace de débat relativement à l’abri de l’arbitraire des pouvoirs royaux et religieux. Les étudiants s’attachaient alors à un maître en fonction de ses compétences et fréquentaient parfois, voire souvent, plusieurs universités, tant pour voir du pays que pour profiter de différents enseignements(1).

Ce modèle allait cependant rapidement se scléroser. Bien qu’énoncés dans un cadre extérieur à l’Église, les savoirs professés à l’université relevaient malgré tout de la vision du monde constituée par les dogmes catholiques et étaient fortement marqués par la théologie scolastique. Les disciplines préparatoires relevaient des « arts libéraux », formés de la grammaire, de la rhétorique et de la dialectique (trivium), de l’arithmétique, de la musique, de l’astronomie et de la géométrie (quadrivium). Cette formation complétée, on pouvait alors passer aux disciplines supérieures, la théologie trônant au sommet de la hiérarchie, le droit et la médecine complétant sommairement le curriculum universitaire au Moyen Âge.

Dans ce contexte, l’innovation et la critique de la tradition trouvaient difficilement leur place, alors que la précarité financière de l’institution et des maîtres la constituant poussa plusieurs établissements à abaisser les standards de diplomation, affaiblissant la valeur du diplôme autant que les compétences requises pour l’obtenir(2).

Dès le XVIe siècle, l’université fut, dans un premier temps, concurrencée par les Académies royales, dont le Collège de France, fondé par François 1er. D’autre part, nombre d’humanistes, inspirés des classiques grecs et constituant alors une « République des lettres » paneuropéenne, critiquèrent vertement le formalisme et le manque d’esprit critique de l’enseignement et des savoirs professés à l’université. Il est ainsi frappant de constater que la grande majorité des penseurs, scientifiques et auteurs marquants de cette époque, voire même de la suivante, ne travaillèrent pas au sein de l’université mais de façon autonome et/ou commanditée, leurs travaux se situant souvent en marge du savoir universitaire, voire l’attaquant frontalement(3).

Le XVIIIe siècle vit, notamment à travers l’émergence des salons, l’apparition d’espaces de discussion et de diffusion des savoirs et des idées sans précédents. La liberté offerte par les salons de mettre de l’avant sa valeur intellectuelle sans considération pour son statut social, doublée de l’émergence et de la généralisation de la presse non-officielle, permirent l’instauration d’un espace public ouvrant la voie, dans une certaine mesure, à la libre expression des idées, voire même à des critiques envers le pouvoir.

L’émergence d’une opinion publique éclairée par les Lumières et le rationalisme les caractérisant permit donc une critique des institutions, et en premier lieu du pouvoir absolutiste, qui préfigura la modernité, tant politique (institutions représentatives basées sur le principe de souveraineté populaire) que culturelle (autonomisation et professionnalisation des institutions et acteurs, notamment les universités). Comme nous le verrons, les réformes napoléonienne et prussienne de l’université posèrent les bases de l’université telle que nous la connaissons aujourd’hui.

L’idéal de connaissance et l’ancrage social de l’université moderne devant l’émergence et la critique de l’intellectuel

Le développement de l’université moderne au XIXe siècle se fit donc sous le sceau d’une rationalisation de la connaissance marquée par la spécialisation disciplinaire, la philosophie occupant dès lors, du moins dans les universités non-catholiques (notamment en Allemagne, selon le modèle de l’Université de Berlin, fondée en 1810), un rôle de surplomb et unificateur d’un savoir aspirant, malgré son fractionnement, à un idéal d’universalité(4). Plus encore, comme le fait remarquer Michel Freitag,

Dans la mesure où c’est la culture de la philosophie, « mère des sciences », qui représente le cœur des activités de recherche et de formation universitaires, le savoir philosophique acquiert ainsi, à l’instar de la connaissance religieuse et théologique dont il prend la place, une valeur commune et une portée publique (ce qui n’était pas le cas pour la philosophie de l’Antiquité).(5)

Alors même que la connaissance se fragmentait et se spécialisait, la figure du professeur/chercheur émergeait, les salaires consentis aux professeurs leur permettant de se consacrer pleinement à leurs tâches et de laisser tomber les boulots secondaires, autrefois nécessaires pour boucler le budget. S’instaurait ainsi la figure (ou l’idéal) du savant désintéressé, professionnel de recherche subventionné par l’institution et ne travaillant qu’à l’avancement de la connaissance et la recherche de la vérité. Notons également que le département, ou la faculté, devenait alors le centre de la vie universitaire, marqué par une autonomie lui garantissant une liberté académique ne pouvant, le cas échéant, être limitée que par des pairs qui, seuls, en assuraient la gestion.

Parallèlement, le Romantisme instaurait .une vision de l’art faisant de ceux s’y adonnant, et particulièrement les littéraires, les dépositaires d’une vision transcendante et universelle d’un monde autrement de plus en plus sécularisé, voire fragmenté(6). À titre d’exemple, Victor Hugo incarna, peut-être de la façon la plus puissante de son temps, cette figure du littéraire dépositaire d’une vision universelle et critiquant le monde et surtout la politique de son temps, ce qui lui valut d’ailleurs l’exil tout au long du règne de Napoléon III (« Napoléon le petit », selon l’expression consacrée de l’écrivain).

Évidemment, l’affaire Dreyfus allait mettre au grand jour cette position de « l’intellectuel », en premier lieu celle d’Émile Zola, opposant au monde et surtout aux injustices de celui-ci une critique se réclamant d’idéaux universels et qui allait marquer les interventions publiques de nombre de personnages importants du XXe siècle.

Or, l’intellectuel apparaît comme une figure floue et plurielle; partant du principe qu’il s’agit d’un individu travaillant par la pensée, ce qui implique une formation relativement longue et rigoureuse, celui-ci se définit bien plus par une posture que par une position (ou occupation) sociale particulière. Ainsi, Edward W. Saïd définit « l’intellectuel comme un exilé, un marginal, un amateur et enfin l’auteur d’un langage qui tente de parler vrai au pouvoir »(7). Pour Michel Leymarie, « Un savant, par exemple, devient un intellectuel dès lors qu’il quitte sa sphère de compétence propre pour s’engager dans un débat civique »(7). Jean-Paul Sartre, quant à lui, considère que « L’intellectuel est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas et qui prétend contester l’ensemble des vérités reçues et des conduites qui s’en inspirent au nom d’une conception globale de l’homme et de la société »(9).

D’autre part, la sociologie, et particulièrement les travaux de Pierre Bourdieu(10), montre assez qu’il importe, afin de bien comprendre la teneur particulière des interventions des intellectuels, de replacer ceux-ci dans leur contexte particulier, soit leurs réseaux d’influence, leurs lieux de rencontre et leurs espaces d’intervention. Comme l’illustre Russell Jackoby dans une étude portant sur les intellectuels américains de gauche, la première moitié du XXe siècle procura un milieu des plus favorables aux interventions publiques d’intellectuels de toutes obédiences. Alors que la multitude des revues accueillant les textes littéraires et critiques permettait aux intellectuels de vivre de leur plume et de s’adresser au grand public, différents espaces urbains (cafés, bars, librairies etc.) leur donnaient des lieux de rencontre et d’échange leur permettant d’entretenir leur bohème, dont le Greenwich Village, à New York, fut longtemps un emblème, tout comme le Saint-Germain-des-Prés parisien(11).

L’après-guerre allait cependant bouleverser profondément ce contexte, et ce de plusieurs façons. D’abord, la Seconde Guerre mondiale avait, dans une mesure beaucoup importante que la précédente, mobilisé l’ensemble des acteurs et institutions sociaux, dont l’université, l’État constatant alors l’efficacité de l’apport de celle-ci à son fonctionnement(12). Notons d’ailleurs que c’est à cette époque que la recherche subventionnée par l’État prit véritablement son envol, octroyant certes des moyens inédits aux chercheurs, mais les contraignant également aux résultats, voire plus particulièrement aux résultats acceptables, sinon voulus. Comme le note Isabelle Stengers, dans Sciences et pouvoirs,

on peut dire que nos sociétés modernes, où prédomine l’argument se référant à la science ou à l’objectivité pour identifier les mesures et les décisions à prendre, ont la science qu’elles méritent. Fiable là où les intérêts qui ont les moyens de se faire respecter imposent leurs exigences, fort peu fiable là où les pouvoirs ont la liberté de nommer leurs experts(13).

Dans cet ordre d’idées, l’implantation progressive de l’État-Providence allait entraîner une explosion des débouchés pour les technocrates émergeant des facultés universitaires, un phénomène qui prit toute son ampleur, au Québec, dans les années 1960 grâce à la réforme profonde des institutions et de la fonction publiques résultant de la Révolution tranquille. L’augmentation des débouchés, doublée de l’explosion démographique propre à cette époque, marquèrent donc un essor et une démocratisation sans précédent des effectifs universitaires, d’où une forte demande pour le corps professoral.

Plus profondément encore, il s’agissait alors de mobiliser la rationalité scientifique afin de mettre sur pied une régulation sociale plus efficace et plus juste. L’idéal de scientificité pénétra alors l’ensemble du champ universitaire, les sciences humaines et/ou sociales aspirant à être reconnues comme « sciences », c’est-à-dire comme connaissance vraie et (seule) légitime. Or, comme l’a noté Michel Foucault, il n’importe pas tant de savoir si telle ou telle discipline est effectivement une science que de s’interroger sur

l’ambition de pouvoir qu’emporte avec soi la prétention à être une science. La question, les questions qu’il faut se poser ne sont-elles pas celles-ci : « Quels types de savoirs voulez-vous disqualifier du moment que vous vous dîtes être une science? Quel sujet parlant, quel discours discourant, quel sujet d’expérience et de savoir voulez-vous minoriser du moment que vous dîtes : « moi qui tiens ce discours, je tiens un discours scientifique et je suis un savant » »(14).

Ainsi, la prétention du savoir universitaire à se déclarer comme étant par défaut scientifique relève, bien plus que de l’étalage d’un état de fait, de la tentative d’une institution, ou d’un champ particulier, de disqualifier tout travail (dans ce cas-ci intellectuel) ne se développant pas en son sein. De fait, toute critique ne s’élaborant pas selon les canons universitaires se trouve reléguée au commentaire marginal, sa rationalité ne tenant pas la route devant la scientificité d’un ouvrage universitaire, non pas tant en fonction de sa valeur propre, mais plutôt de son mode, voire de son lieu d’énonciation(15). Dans un tel contexte, il est permis de douter qu’une critique sociale véritablement pénétrante trouve facilement sa place dans le milieu universitaire et soit reconnue comme valable par celui-ci.

Parallèlement à cette évolution, l’implantation de la société de consommation à partir des années 1950, grandement favorisée par l’instauration du compromis fordiste et l’émergence de la télévision, entraîna un recul marqué des publications intellectuelles et culturelles au profit du divertissement, réduisant d’autant les espaces de travail, d’expression et les revenus de nombre d’intellectuels, pour qui l’université apparut bientôt comme seule porte de sortie.

Or, ce passage à la vie universitaire ne s’opéra pas sans changement qualitatif dans la production de l’intellectuel. S’adressant autrefois au grand public, dans un langage relativement accessible, imagé et se déployant notamment sur le mode de l’essai, voire même de l’aphorisme, le discours de l’intellectuel change alors clairement de registre, se pliant maintenant aux codes de la monographie, quand ce n’est pas de la demande de bourses(16), bref faisant de son discours un discours spécialiste, « scientifique ». La spécialisation du vocabulaire, l’appareil argumentaire (l’érudition illustrée par les renvois en bas de page), mais surtout la portée sociale et critique d’ouvrages produits sur ce mode marquent un recul indéniable de la parole de l’intellectuel sur la place publique, qui s’adresse maintenant à un public spécialisé, lui-même régi par des codes et pratiques assez stricts. Comme le note ainsi Russell Jackoby,

There is no doubt that the demise of public intellectuals reflects the recomposition of the public itself; it coincides with the wild success of television, the expansion of the suburbs, the corrosion of the cities, the fattening of the universities. (…) In view of these developments, the disappearance of general intellectuals into professions seems completely understandable, inevitable, and perhaps desirable. (…) Younger intellectuals have responded to their times, as they must; they have also surrendered to them, as they need not. Humanity does not make history just as it pleases, but it does make history. By the back door choice enters the historical edifice(17).

Plus profondément, il s’agit d’un changement fondamental de la posture de l’intellectuel face à la société dans laquelle il s’insère en regard de l’idéal d’universalité de l’intellectuel alors incarné, parfois à tort et à travers, par la figure de Jean-Paul Sartre. Ce repli de l’intellectuel public en faveur de l’intellectuel « spécifique » émergea d’ailleurs à une époque, les années 1970, où plusieurs penseurs importants (Pierre Bourdieu, Michel Foucault, Gilles Deleuze, Roland Barthes et Jacques Derrida) de la fin du siècle émirent d’importantes critiques sur les médias, de plus en plus axés sur le divertissement et de moins en moins sur l’analyse critique. Devant l’émergence des « intellectuels médiatiques » (qu’on pense, notamment, à Bernard-Henri Lévy), l’université apparut soudain comme le dernier rempart, un lieu de sauvegarde de la pensée critique assurant l’espace et l’indépendance nécessaires au chercheur pour développer une œuvre rigoureuse, authentique et originale(18). C’était sans compter le triomphe du néo-libéralisme qui allait s’affirmer quelques années plus tard dans toutes les sphères de la société, l’université n’y échappant aucunement, bien au contraire.

Notes

(1) Christophe CHARLE et Jacques VERGER, Histoire des universités, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je? », 2007, p. 12-16.
(2) Ibid., p. 31-34.
(3) Qu’on pense à Érasme, Rabelais, Copernic, Francis Bacon, Galilée, Rousseau, Voltaire, etc.
(4) Julie ALLARD, « Pour une philosophie du politique à l’université », dans Julie ALLARD, Guy HAARSCHER et Maria PUIG de la BELLACASA, L’université en questions : marché des savoirs, nouvelle agora, tour d’ivoire?, Bruxelles, Éditions Labor, 2001, p. 217-218.
(5) Michel FREITAG, « La liberté académique : défense d’un droit acquis ou obligation d’un engagement responsable pour l’avenir de la civilisation », dans Julie ALLARD et al., op. cit., p. 328.
(6) Cf. Charles TAYLOR, Les sources du moi. La formation de l’identité moderne, chapitre 23 « Visions de l’époque postromantique », Montréal, Boréal, 1998 (1989).
(7) Edward W. SAÏD, Des intellectuels et du pouvoir, Paris, Seuil, 1996, p. 15, cité dans François DOSSE, Le marché des idées : histoire des intellectuels/histoire intellectuelle, Paris, Éditions La Découverte, 2003, p. 27.
(8) Michel LEYMARIE, Les intellectuels et la politique en France, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je? », 2001, p. 11, cité dans François DOSSE, op. cit., , p. 27.
(9) Jean-Paul SARTRE, Plaidoyer pour les intellectuels, Paris, Gallimard, coll. « Idées », 1972, p. 12, cité dans François DOSSE, op. cit., , p. 27.
(10) Quelques références sur les travaux du sociologue sur le monde académique et la critique des médias : Pierre BOURDIEU, Homo Academicus, Paris, Éditions de Minuit, 1984; Pierre BOURDIEU, Sur la télévision; suivi de L’empire du journalisme, Paris, Liber, 1996.
(11) Rusell JACOBY, The Last Intellectuals : American Culture in the Age of Academe, New York, Basic Books, 1987, p. 21.
(12) Robert BELLAH, « The True Scholar », p. 3.
(13) Isabelle STENGERS, Savoirs et pouvoirs : la démocratie face à la technoscience, Paris, La Découverte, 1997, p. 97.
(14) Michel FOUCAULT, « Il faut défendre la société », Cours au Collège de France, 1976, Seuil, 1997, p. 11.
(15) Geoffroy de LAGASNERIE, L’empire de l’université : sur Bourdieu, les intellectuels et le journalisme, Paris, Éditions Amsterdam, p. 67-68.
(16) Russell JACOBY, op. cit., p. 31.
(17) Ibid., p. 236-237.
(18) Cf. Jacques DERRIDA, L’université sans condition, Paris, Éditions Galilée, 2001.

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