Le Panoptique

Perspectives sur les enjeux contemporains | More Perspective on Current International Issues

La force de la diversité

Publié le 1 octobre, 2009 | 6 commentaires
Par

Télécharger l'article au format PDF

La question nationale suscite toujours beaucoup d’émotions au Québec. Peu importe le plan sur lequel elle est discutée (culturel, économique, politique), les arguments restent souvent les mêmes, comme si aucun d’eux ne parvenait à convaincre. Et pourtant, même la mauvaise foi ne saurait résister à un argumentaire objectif et rationnel qui la mettrait d’ailleurs en évidence. Est-ce à dire que de tels arguments n’ont encore jamais été avancés? Non, évidemment : mais ils ont probablement été mal communiqués et donc mal compris. De fait, qui peut être contre la richesse de points de vue que procure la diversité culturelle? Ceux qui occupent déjà une position culturelle prééminente? Ceux qui craignent de s’y fondre? Dans les deux cas, ce sont les émotions qui prennent le dessus, en particulier la peur de changements perçus de façon négative puisque liés à une perte d’identité.

Bearing the cross
Quinn Dombrowski, Bearing the cross, 2009
Certains droits réservés.

Cet article ne prétend aucunement résoudre la question nationale. Il est plutôt le fruit d’un souhait bien simple, celui de trouver un terrain plus neutre afin de discuter de nationalisme sans être soumis à des émotions qui ne feront pas avancer le débat. À moins peut-être que ces émotions n’aient d’abord été objectivées et rationalisées. Il ne s’agit pas de devenir des robots, mais bien de se voir aller et de s’analyser nous-mêmes dans nos actions et nos réactions, surtout celles qui sont viscérales. Une telle attitude permet de remiser les jugements de valeurs et d’adopter plutôt une position scientifique. En ce sens, le nationalisme québécois n’a pas plus de valeur que celui des Tibétains ou des Timorais : ce ne sont que diverses expressions d’un même concept, le nationalisme. Ce dernier est probablement lui-même l’expression d’un autre noyau conceptuel encore plus fondamental et qui sera abordé plus loin. C’est d’ailleurs afin d’y arriver qu’il convient de se demander d’abord pourquoi le nationalisme existe-t-il? En d’autres termes, quel est son rôle?

Défini brièvement, le nationalisme est fondé sur une identité culturelle partagée qui est souvent liée à une notion de territoire commun. On peut donc parler du nationalisme comme d’un espace identitaire intérieur qui se réfléchit à l’extérieur par l’entremise de comportements culturels communs, d’un drapeau, d’un patois, etc. Le nationalisme sert ainsi à rassembler les humains au-delà de leurs identités individuelles. Il procure une confiance en «nous» qui semble compenser pour ce manque de confiance en soi qui affecte la majorité des êtres humains. C’est même un argument «émotif» avancé par les Québécois qui se définissent comme un peuple conquis. L’identité sociale que procure le nationalisme sert ainsi de socle sécurisant : de fait, pourquoi me remettre en question quand je ressemble aux autres et que ces autres me ressemblent aussi? Le principe est le même pour les modes, que celles-ci soient vestimentaires, musicales, idéologiques. Elles nous confortent dans ce que nous sommes, tant sur le plan individuel que social. Le principe vaut aussi pour le reste des relations humaines, que ce soit en amitié ou en amour, et plusieurs sociétés l’ont même codifié au moyen de castes et de classes, comme autant de sous-nations aux limites précises et difficiles à franchir. Le principe qui dirige cette solidarité nationale est le même qui fait en sorte qu’un parent va naturellement sauver son enfant avant de sauver celui d’un autre. Une sorte de réciprocité qui vient aussi avec cette solidarité : chaque individu contribue à la survie de son groupe et, en échange, le groupe viendra en aide à ses membres en cas de besoin. Deux devises banales décrivent assez bien ce phénomène : «Qui se ressemble s’assemble» et «L’union fait la force». Cela explique peut-être notre fascination pour les héros qui savent unir leur peuple ou qui accomplissent seuls ce que tout un peuple peine à accomplir. Le nationalisme constitue donc un moyen de nous rassembler afin d’entretenir et de protéger une identité commune. Mais à quoi sert-il de protéger cette identité et les éléments qui la composent?

Une question de transmission

La réponse est probablement celle-ci : afin d’assurer la transmission et la propagation de cette identité et de ses différentes composantes. Si c’est le cas, alors le nationalisme s’inscrit dans le grand système de l’évolution darwinienne où chaque espèce tend naturellement (et inconsciemment) vers sa propre survie. C’est ce qui explique les nombreuses stratégies de reproduction observée à travers la nature, tant chez les animaux que chez les végétaux. Chacun tente d’optimiser ses chances de se reproduire grâce à une nouvelle génération partageant la même identité, d’où le rôle naturel de l’imitation dans l’apprentissage. Même les corbeaux apprennent en observant leurs congénères casser des noix sous les roues des voitures. Et casser des noix favorise leurs chances de survie. Plusieurs membres de la communauté scientifique soulignent d’ailleurs ce parallèle entre la transmission des gènes et celle des idées, alors définies sous le terme de «mèmes» (le clin d’œil avec le «même» français est explicite). Le concept de mème a été introduit au milieu des années 1970 par le biologiste Richard Dawkins. À la manière des gènes, les mèmes dirigeraient naturellement notre comportement individuel et social, essentiellement par imitation instinctive. Les mèmes se rapportent aux cultures, aux idées, aux langues, aux rituels, aux modes, etc. La biologie et la culture fonctionneraient suivant un même principe où notre propre volonté occupe bien peu de place, ce qui justifie d’autant l’adoption d’une distance objective avec notre sujet. Au milieu des années 1970, le biologiste anglais Richard Dawkins s’est fait connaître grâce à son ouvrage The Selfish Gene où il soutient que nos gènes, qui étaient là bien avant nous, dirigent nos vies et notre processus évolutif bien plus qu’on ne le pense. Cela ne signifie pas que nos gènes ont une volonté au sens où nous l’entendons pour nous-mêmes : il s’agit plutôt d’une tendance naturelle à assurer leur propre survie, la moitié des gènes de chaque parent étant «recopiée» dans chaque nouvel enfant. Le décryptage du génome humain est en ce sens un pas de géant vers un meilleur contrôle de nos vies et de notre propre évolution. Nous pourrions continuer à mettre un pied devant l’autre en effectuant le même travail de décryptage avec nos mèmes, dont celui du nationalisme.

Le nationalisme est bien un mème qui cherche à survivre en se reproduisant et en prenant de l’expansion au détriment des autres mèmes, c’est-à-dire des autres nationalismes. Encore une fois, qui se ressemble s’assemble ou tente alors d’intégrer, d’assimiler ou d’éliminer ce qui ne ressemble pas… Ressembler et se rassembler rassurent. À l’instar des gènes, les mèmes contribuent à définir notre identité individuelle et sociale. Comment le font-ils? Au moyen d’informations, entendues ici au sens le plus large du terme. Comme certains gènes incluent l’information quant à la couleur de nos yeux ou de notre peau, certains mèmes contribuent à informer notre identité politique, religieuse, musicale, etc. Or une identité n’est rien si elle ne peut pas être comparée à d’autres identités, d’où une compétitivité qui peut être vue de manière plus neutre comme un brassage et un échange continuel d’informations. Une analogie efficace est celle des pénis de félins qui s’hérissent de petites pointes afin de gratter le sperme des autres mâles venus dans la femelle avant lui, favorisant ainsi ses chances de répliquer ses propres gènes. La même mécanique naturelle et inconsciente sous-tend les nationalismes, mais aussi toutes idéologies politiques, religieuses, économiques, etc. Chacune est prête à enfoncer les autres si cela lui permet de se hisser davantage. À l’image des plantes qui luttent entre elles pour une plus grande place au soleil (étiolement, nombre de feuilles déployées, etc.), les mèmes et leurs informations sont en continuelle compétition. C’est un vieux brassage qui existe depuis toujours et qui se poursuivra bien après nous. Cela permet de relativiser l’importance que se donne chaque nation : on ne choisit pas où l’on naît, aucune nation n’est meilleure qu’une autre, et leurs différences s’articulent à partir d’un même principe de base, soit se reproduire pour assurer sa propre survie. Mais ce besoin de survivre est-il vraiment aussi égoïste?

Célébrer les différences

Imaginez une forêt composée d’une seule espèce d’arbres, et que cette espèce soit précisément vulnérable à une nouvelle maladie qui s’y développe… Quelles sont les chances que la forêt survive à cette maladie? Une chose est certaine : ces probabilités augmentent avec le nombre d’espèces différentes qui cohabitent au sein de la forêt. En cherchant à survivre, chaque espèce (chaque idéologie, chaque style musical), contribue à faire survivre le système plus global dont elle fait partie. La diversité des gènes contrebalance les risques liés à la consanguinité chez une même espèce. De même, la diversité des mèmes permet à la pensée humaine de poursuivre son évolution. Plus on possède d’informations (gènes, mèmes), meilleures sont nos chances de nous adapter aux éventuels changements. C’est une question de survie. Et c’est pourquoi il convient de célébrer les différences.

Les différentes cultures actuelles et anciennes sont toutes précieuses en ce qu’elles offrent autant de regards sur nous-mêmes et le monde où nous vivons. Elles assurent le brassage des mèmes et préservent notre identité humaine plurielle. La force est dans la diversité, pas dans l’uniformité. Aucun monopole n’est profitable, même pour lui-même. En ce sens, le nationalisme peut être conçu comme un instrument, un outil qui nous permet de mieux nous adapter et de poursuivre ainsi notre évolution. Mais c’est aussi une arme à double-tranchant : le danger avec le nationalisme, comme avec bien d’autres systèmes, est de le laisser nous contrôler. Il s’agit dès lors de rationaliser cette compétitivité naturelle pour trouver un certain équilibre et revenir au plus petit dénominateur commun : au-delà de toutes nos identités individuelles et sociales, nous partageons une identité commune, et elle est tout simplement humaine. Viendra un temps où la culture pourra se passer du nationalisme. Cette union dans la diversité est d’ailleurs un même récurrent en science-fiction (autrefois appelée «anticipation»!) : la Société des Nations et l’O.N.U. sont probablement les embryons de nouveaux modes d’association au niveau international.

Personne ne désire perdre son identité, mais il ne faut pas oublier que cette même identité n’est pas figée : elle évolue elle aussi. Vous n’êtes plus ce que vous étiez à cinq, dix ou vingt ans, bien que vous le soyez toujours grâce aux expériences vécues à ces âges, expériences qui ont contribué à faire de vous ce que vous êtes aujourd’hui. Rien ne sert de ressasser le passé, si ce n’est pour mieux l’accepter et l’intégrer : personne ne pourra le changer. Nous avons la chance se vivre à une époque où les sciences humaines nous offrent des moyens de se détacher de nous-mêmes pour nous observer et nous analyser sans porter de jugements. Je pense ici aux sciences humaines en général, de la psychologie à la sociologie, en passant par l’histoire et la sémiotique. Nous construisons notre propre réalité : autant le faire avec le plus d’objectivité possible.

Creative Commons License
Cet article est publié sous un contrat Creative Commons.

Commentaires

6 Responses to “La force de la diversité”

  1. Simon Groulx
    octobre 3rd, 2009 @ 12:10

    Très bon article. J’ai apprécié ta réflexion, il s’agirait maintenant d’approfondir au niveau des obstacles existant à la « célébration de la diversité ».

    Avant de pouvoir profiter de modes d’associations humaines qui pourraient se passer du nationalisme en tant que mème, ne faudrait-il pas inévitablement passer par un reformatage, pour employer un terme impropre, de nos sociétés? À un changement de style de vie, de comportement, de mode de pensée? Et comme tout changement en ce sens, il y a une question de prise de conscience, de volonté et de sacrifice qui doit être prise en compte.

    Pour prendre un exemple au niveau individuel (par analogie, on pourra le transposer au niveau social), si je prend conscience d’une mauvaise habitude, d’un comportement négatif dans ma vie, et que je décide de changer, de « m’améliorer », le travail que je devrai faire sur moi-même risque d’être nécessairement douloureux car, au-delà de la simple remise en question de ce qui est moi (1ère douleur) je dois arracher cette partie de moi et la remplacer par quelque chose d’autre (la nature ayant horreur du vide, cette implantation constituant une 2ème douleur). Tout ça pour dire que de tels changements ne se font pas sans heurts, et qu’à mon sens ces « douleurs » risquent d’être nécessaires aussi au niveau social.

    La question qui suit est de savoir quels types de mécanismes seraient utilisés au niveau social pour arracher ce mème (le nationalisme) et de quelle façon pourrait-on le transformer en quelque chose d’autre qui prendrait sa place (je n’aborderai même pas ici la question de définir ce nouveau mème)?

  2. Alain Trottier
    octobre 3rd, 2009 @ 17:55

    Tant qu’as remonter jusqu’aux gènes pour expliquer le nationaliste pourquoi ne pas partir des quarks ou même des «cordes».

    Désolé mais vous avez mal compris Dawkins. Les gènes n’ont de rationnelle que de se cloner et rien d’autres. Ce qui explique pourquoi plusieurs gène n’ont aucune fonction, si ce n’est de se cloner. Un ballon sur une pente vas rouler et les gènes vont se cloner. Nous sommes qu’un effet secondaire de ces derniers, un enveloppe mortel qui fonctionne pour eux. Il sont les survivants de l’évolution.

    Les mèmes sont des unités d’informations culturelle qui se transmettre et se copie de mémoire en mémoire, comme le font les virus informatique, sans but. Elle le peuvent, elle le font.
    Ce n’est pas le mécanise de reproduction des virus informatiques qui fuck nos gros PC c’est leurs «payload» introduit par leurs concepteurs.

    Les scientifiques ont déjà compris qu’il n’est pas possible d’expliquer les phénomènes «à haut niveau» comme la sociologie, à partir des théories plus fondamentale comme la physique des particules.

    Ça sens la colle votre réflexion, mais on comprend l’idée.

    Personellement.

    Désolé…. je sais que le gens sont souvent négatifs dans les blogues et je me vois faire la même choses (:

    Je dois me taire, je dois me taire, je dois me taire, c’est pourtant ce que je fait toujours.

    Si vous lisez-ceci c’est que j’ai cliqué sur Sousmettre. J’hésite……………….

  3. Simon Groulx
    octobre 3rd, 2009 @ 23:36

    Pourquoi hésiter, n’est-ce pas le but du forum que de partager ses points de vue. Tant que c’est fait d’une manière réfléchie et respectueuse, je n’y vois aucun problème!

  4. Carl Rocray
    octobre 4th, 2009 @ 10:45

    Bonjour Simon et Alain!

    D’abord un gros merci d’avoir lu mon texte et surtout d’avoir réagi à son propos : c’est bien d’avoir des idées et des opinions, mais elles ne prennent vraiment vie que lorsqu’elles sont partagées et remises en question. En d’autres mots, il ne faut surtout pas hésiter et ne pas se taire ; ne vous censurez surtout pas Alain! J’aime votre opinion, et je m’attendais à une réaction de ce genre parce que moi-même je me trouve parfois trop intense avec mes «gènes» et mes «mèmes»!
    Ceci dit, comment pouvons-nous prétendre que ces gènes et ces mèmes n’ont aucun but? Au mieux, soyons «agnostiques» à ce sujet. Sinon, j’ose suggérer que leur but est simplement d’évoluer. Vers quoi? Une plus grande complexité/diversité? Une autre étape évolutive?
    Quant à relier les origines du nationalisme aux quarks, cordes et autres particules, pourquoi pas? C’est le même «instinct naturel» qui les fait de réunir entre elles pour constituer des formes de plus en plus grandes. Le problème ici vient des définitions du terme «nationalisme» qui sont trop associées à nous. Si les autres espèces animales, végétales, voire minérales font également preuve d’un certain nationalisme (se ressembler, s’assembler), je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas s’agir d’un méta-phénomène qui nous dépasse encore. Imaginez tous les humains unis dans le respect des différences, imaginez tout ce que l’on pourrait accomplir…
    De même, si Dawkins conçoit les religions comme des mèmes, alors je ne vois pas pourquoi les nationalismes seraient différents. Car il s’agit encore ici de cultures.

    Quant aux moyens de développer cet idéal d’une grande communauté humaine, j’en vois au moins deux :

    1) Laisser aller : l’histoire nous montre une évolution naturelle des clans familiaux préhistoriques jusqu’à nos grandes métropoles actuelles. À moins d’être dépassés par nos moyens technologiques et notre immaturité, je pense que tout ira de mieux en mieux et que nous serons graduellement de plus en plus unis.
    Je vous suggère de regarder cette conférence TedTalks qui concerne d’ailleurs les nationalismes :

    http://www.youtube.com/watch?v=XRWTyUVh0BQ&feature=channel

    2) Objectiver et contrôler : l’humain s’émancipe de la Nature physique et la «contrôle» ainsi en comprenant comment elle fonctionne. De la même façon, l’humain peut mûrir en comprenant comment il fonctionne. Nous parvenons maintenant à cartographier les gènes, pourquoi ne pas le faire aussi avec les mèmes? Pourquoi ne pas jouer avec les mèmes?

    Bref, ces questions mériteraient des réponses plus détaillées, peut-être dans un article ultérieur…
    Merci encore pour vos commentaires messieurs!
    Alain, n’oubliez pas que ma définition du «nationalisme» est simple : qui se ressemble, s’assemble. C’est probablement ce qui me permet de faire un tel «collage», ce dernier étant parfaitement hypothétique, et c’est vos réactions qui me permettent d’aiguiser ma pensée!
    Au plaisir!

  5. Alain Trottier
    octobre 4th, 2009 @ 23:56

    @Carl Rocray,

    Bonjour Carl

    «Ceci dit, comment pouvons-nous prétendre que ces gènes et ces mèmes n’ont aucun but?»

    C’est ce que formule Dakwins. J’aimerais vous données la référence, mais je n’ai plus le livre en ma possession, c’était un emprunt à la bibio.

    «Quant à relier les origines du nationalisme aux quarks, cordes et autres particules, pourquoi pas?»

    Irrévérent, parce que chacun des domaines connaissance ont une portée. La connaissance des quarks nous apprendras rien sur le nationniste. – [Je ne peu pas croire ce que je viens d’écrire, faut tu se prendre au sérieux].

    Je continue.

    Les réactions chimique sont très bien expliqué par les principes…. de la chimie.
    L’émergence du Web s’explique par la formulation des URLs de Tim Berners-Lee.

    Voyez-vous le topo?

    En fait, c’est vers les années 70, que le rêve de l’explication (La Théorie) unique de tous les phénomènes est apparue illusoire aux yeux des physiciens.

    «De même, si Dawkins conçoit les religions comme des mèmes, alors je ne vois pas pourquoi les nationalismes seraient différents»

    C’est différent. Aux dires de Dawkins, les religions sont parasité par c’est virus qu’il nomme les mèmes.

    L’une des caractéristiques des religions c’est de continuellement refaire les mêmes trucs, jour après jour. De répéter les mêmes phrases, les même gestes, de lire toujours le même bouquin. On voit le pattern. Ce n’est pas une coïcidence si la Bible est le livre le plus «recopier» de l’histoire.

    À moins de vivre dans un pays totalement «brainwashed», le nationaliste d’ici n’a pas cette caractéristique.

    Personnellement.

    En me relisant ce matin je me suis sentie gênée de mon français niveau secondaire 2… d’accord secondaire 1. Puis j’ai transgressé mes propres règles. On ne devraient jamais écrire sur des sujets qu’on connaît mal. Hé les spécialistes vous devez bien rire.. alors svp me corrigé 🙂

    Faut aussi prendre un certain recule avant de sousmettre, ce que je n’ai pas fait hier et cette fois aussi.

    Finalement.

    Dans l’ensemble, votre vision est platonicienne (ex. quand vous dite méta-phénomène) comme ces mathématiciens. Désolé de vous étiquetez.

    Pour ma part il y a pas de plan, même si j’aimerais bien qu’il y est un peu de magie.

    Voilà, merci d’avoir répondue, continuer votre bon travail.

  6. Carl Rocray
    octobre 5th, 2009 @ 15:37

    Bonjour Alain!

    Merci encore d’oser appuyer sur «Soumettre»!
    C’est génial de pouvoir partager ainsi nos idées. Je tiens également à préciser que je ne me prends pas trop au sérieux à propos du lien entre Nationalisme et Mémétique : il s’agit seulement d’initier un échange d’idées (et c’est bien parti! yessss!) Il est tout à fait possible que je sois dans le tort, et si c’est le cas, je me rétracterai avec le sourire, parce que c’est le débat et la connaissance qui priment selon moi. Quant à votre français, je pense que l’important est de se comprendre, peu importe la langue et les fautes, alors pas de gêne S.V.P.! Dans le pire des cas, écrivez votre texte dans Word et copiez-le ici par la suite…! J’aime beaucoup me faire brasser par vos arguments, c’est sain!

    Le point de mon texte est de montrer qu’il existe un avantage évolutif au fait de posséder une diversité culturelle et mémétique, comme c’est le cas avec la diversité génétique. J’ai lu Dawkins, mais je n’oserai jamais m’en prétendre un expert. Je crois cependant que Dawkins (et Susan Blackmore dans «The Meme Machine») associe explicitement les religions à des mèmes qui ont eu leur utilité, ne serait-ce qu’en unissant les humains en groupes homogènes pouvant compter des millions de fidèles. Par exemple, quand l’Empire romain est tombé, c’est l’Église qui est venu combler les trous bureaucratiques laissés derrière, soutenant du même coup une certaine cohésion.
    Même si les religions sont conservatrices et «refont les mêmes trucs», elles changent néanmoins avec le temps et les événements, en témoignent les schismes, les sectes et les nouvelles églises : elles ont donc une capacité d’adaptation qui les maintient «en vie».
    Les nationalismes aussi s’adaptent tout en résistant au changement : on n’a qu’à songer à la question des immigrants qui nous amènent à repenser l’identité «québécoise», ce qui n’est pas facile à accepter, comme l’a démontré la commission Bouchard-Taylor.
    Quant à mon platonisme, j’accepte la référence, mais je préfère toutefois rester Carl Rocray, avec ses nuances, ses complexités et ses contradictions. Bref, si je suis platonicien, je ne suis pas que ça, et je peux même être aussi anti-platonicien en même temps (c’est mon côté «quantique»!)
    Enfin, je ne crois pas qu’il y ait de plan, ni divin, ni naturel. Je pense plutôt que tout est systémique et que chaque élément de ce grand tout est en constante interaction avec les autres (pas tous les autres, ce serait «new age»!), ce qui l’amène à s’adapter ou à disparaître.
    Et je suis tout-à-fait d’accord avec vous quand vous affirmez que les gènes sont les véritables survivants quasi-immortels de l’évolution! Seulement, maintenant NOUS pouvons les manipuler! L’avenir promet d’être trrrrès intéressant!
    Ayayaye! J’ai toujours l’impression de ne pas avoir répondu à tout… Si vous le voulez bien, j’aimerais qu’on poursuive sur les points discutés jusqu’ici afin de ne pas se perdre de réponse en réponse…!

    Merci encore Alain, c’est un plaisir que de débattre avec vous!

Répondre