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L’errance constitue-t-elle une forme de résistance? Étude de Paris, Texas de Wim Wenders

Publié le 15 février, 2008 | Pas de commentaires
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L’analyse de Paris, Texas de Wim Wenders nous amène à questionner la figure de l’errant et à redéfinir les relations que celui-ci est susceptible d’entretenir avec la société. D’abord considérés comme des déviants vivant aux marges d’un monde principalement sédentaire, les vagabonds semblent opposer une forme de résistance aux normes en vigueur. Mais alors que nous faisons le constat d’une valorisation de la mobilité dans notre société postmoderne, l’errance est-elle encore en mesure de constituer une résistance? Ne serait-elle pas plutôt devenue la marque d’une adhésion à un nomadisme généralisé?


hobvias sudoneighm, 2006.
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Le désert Mojave, sous un soleil de plomb. Une silhouette progresse au milieu de montagnes ocre en vertige, puis s’immobilise. L’homme porte un bidon à sa bouche et le vide de son contenu avant de s’en débarrasser. Un vautour observe la scène, perché sur un rocher. L’homme reprend sa route et finit par atteindre un domaine entouré de barbelés. Il enjambe la clôture, s’agenouille devant un robinet, qu’il tente d’ouvrir, en vain. Il se relève, se dirige vers la bâtisse et pénètre dans une salle obscure. Il repère un réfrigérateur, s’avance, ouvre la porte de l’appareil et la referme, insatisfait. Il plonge alors sa main dans un bac, en ressort une poignée de glace pilée qu’il engloutit et mâche avec volupté. Puis il s’effondre, évanoui. L’homme se réveille allongé sur une table d’auscultation, dans une clinique au milieu du désert. Un médecin l’examine longuement en l’interrogeant, mais l’homme se mure dans le silence.

Ces images hautement symboliques constituent la séquence d’ouverture de Paris, Texas1 de Wim Wenders. Au-delà de leurs résonances mythologiques, elles traduisent la façon dont l’homme, dès les premiers instants de son existence, devient prisonnier d’un réseau de normes, qui l’individualisent tout en le maintenant dans l’assujettissement. La sédentarisation étant l’un des instruments de cette coercition, la question qui se pose est de savoir si celui qui persiste à errer malgré tout commet en cela un acte de résistance. Au contraire, et alors qu’on assiste depuis quelques décennies à l’extension d’une forme de vagabondage «postmoderne» à toutes les sphères de la société, se peut-il que l’errance du personnage ne soit en réalité que la manifestation d’un conformisme au nomadisme ambiant?

Nombreux sont les éléments, dans le film de Wenders, qui nous ramènent à l’idée de naissance. Dans son acception littérale, cet extrait se donne à lire comme le passage d’un néant, figuré par le désert et ce qu’il suppose de mortifère, à la vie, évoquée par cette oasis salvatrice. Or, qu’est-ce que la naissance, si ce n’est le passage du non-être à l’être? En sautant les barbelés, Travis, l’errant, a franchi la barrière métaphorique qui le sépare du monde des vivants. Les paroles du médecin, qui demande «de quel côté de la frontière es-tu?2», se chargent alors d’une dimension nouvelle, car il n’est plus seulement question d’une frontière spatiale, mais de l’infime ligne de partage entre la vie et la mort. Les propos de Travis dans une scène ultérieure confirment cette interprétation: il confie à son frère Walt avoir voulu se rendre à Paris au Texas, sur les lieux de sa conception: «Maman m’a dit un jour que c’est là qu’elle et papa, pour la première fois, ont fait l’amour […] Je me suis dit que c’est là que j’ai commencé. Moi, Travis Clay Henderson.» C’est donc à la résurrection d’un homme que nous assistons: dévasté par le départ de sa compagne, Travis a erré dans le désert jusqu’au lieu originel, pour ensuite, tel le Phénix, renaître de ses cendres3. Mais ce retour à la vie s’opère dans l’assujettissement et, comme tout être fraîchement venu au monde, Travis doit abandonner une part de sa liberté pour se plier aux exigences de sa socialisation. Celle-ci suppose un apprentissage: Travis doit connaître les codes en vigueur, et c’est son frère Walt qui va les lui enseigner. Il s’opère alors une forme de dressage pour transformer le nouveau-né en être social4.

Dans cet esprit, Travis est contraint à la sédentarisation5, et Walt s’efforce de contrôler les pulsions vagabondes de son frère. Confronté à ce processus de normalisation, Travis finit par renouer avec son errance initiale. Il enlève ainsi son jeune fils pour le restituer à sa mère légitime, puis il reprend sa route. À travers cette errance, Travis affirme son individualité contre une société sédentaire et répressive, incarnée par Walt. Nous sommes alors amenés à nous demander dans quelle mesure l’errance, telle que pratiquée par Travis, pourrait finalement constituer une forme de résistance contre la société.

La lecture de Surveiller et punir de Michel Foucault apporte un nouvel éclairage à cette séquence de Paris, Texas. En effet, Foucault décrit dans cet essai l’émergence de la société disciplinaire, au détour des XVIe et XVIIe siècles, et expose les mécanismes du processus d’individualisation qui s’est enclenché à cette époque: «Dans un régime disciplinaire, […] à mesure que le pouvoir devient plus anonyme et plus fonctionnel, ceux sur qui il s’exerce tendent à être plus fortement individualisés.6» Il s’agit donc de singulariser chaque composante de la masse afin de mieux évaluer, classer et, finalement, normaliser les sujets ainsi définis, l’objectif étant d’identifier et de prévenir toute menace éventuelle contre le corps social.

Toutefois, dès l’instant où une société édicte ses normes, elle donne naissance à une catégorie d’individus non conformes, réunis sous l’appellation de déviants. Étymologiquement, le déviant est celui qui s’écarte de la route («de via», en latin)7. Par extension, il est celui qui s’oppose aux normes d’une société donnée. La déviance est un concept entièrement relatif8, à la fois universel et insoluble, dans la mesure où la fixation d’une norme entraîne systématiquement sa transgression, consciemment ou non, par une minorité.

Reste à savoir si la marginalité caractérisant la figure de l’errant ne pourrait pas constituer une forme particulière de déviance. Foucault reproduit dans Surveiller et punir quelques extraits d’un mémoire rédigé au XVIIIe siècle:

[Le Trosne9] demande que ces gens inutiles et dangereux « soient acquis à l’État et qu’ils lui appartiennent comme des esclaves à leurs maîtres »; et le cas échéant qu’on organise des battues collectives dans les bois pour les débusquer, chacun de ceux qui feront une capture recevant salaire10

La hargne exprimée ici à l’égard des vagabonds est certainement proportionnelle à la peur éprouvée devant ceux et celles qui représentent une menace pour l’ordre social. Mais en quoi consiste cette menace?

L’errant est d’abord celui qui n’a pas de patrie. Partout où il passe, il est le Survenant dont on se méfie. Ainsi, lorsque au terme de quatre années d’absence Travis refait surface, il représente un élément perturbateur dans la vie de son frère. Celui-ci vient d’adopter Hunter, le garçon de Travis11, et le considère comme son propre enfant. En reprenant avec lui son fils légitime, Travis vient briser le noyau familial reconstitué par Walt, répondant ainsi à la définition du vagabond fauteur de troubles.

L’errant est également celui qui ne travaille pas. Or, « [d]errière les délits de vagabondage, il y a la paresse; c’est elle qu’il faut combattre12» car «l’oisiveté est la cause générale de la plupart des crimes13.» En étant inactif, le vagabond représente un danger pour la cohésion d’une société qui valorise le labeur. Là encore, Travis contrevient à la morale en vigueur, lui qui admet n’avoir travaillé que de façon épisodique14, contrairement à Walt qui, dès les premières images, apparaît sur le chantier qu’il dirige.

Parce qu’il tend à ébranler la société dans ses valeurs, l’errant doit être maté; en effet, «un des premiers objets de la discipline, c’est de fixer; elle est un procédé d’anti-nomadisme15». Pendant longtemps, le vagabondage fait l’objet d’une certaine tolérance de la part de la population. Mais à partir du XVIIe siècle, la société disciplinaire assigne les errants à résidence, dans un mouvement que Foucault, dans Histoire de la folie à l’âge classique16, qualifie de «Grand Renfermement». Ceux qui mènent une vie nomade se voient ainsi confiés à l’Hôpital Général, fondé à Paris en 1656, et à d’autres établissements du même type. En franchissant les portes de ces institutions, les vagabonds acquièrent le statut de criminels, et c’est en quelque sorte l’internement lui-même qui, en traçant la frontière entre le conforme et le non conforme, crée la déviance. La scène initiale de Paris, Texas revêt alors une signification nouvelle, et la clôture enjambée par Travis pourrait en fin de compte marquer l’entrée du personnage dans la société disciplinaire.

Ainsi, l’individu qui persiste à errer en marge d’une société sédentaire peut apparaître comme déviant. Mais plutôt que d’opposer une résistance active, l’errant semble vivre à l’extérieur d’un système, sans véritablement aspirer à sa transformation, et son attitude tiendrait plutôt de la fuite. Pourtant, fuite et lutte ne s’excluent pas forcément, comme l’explique Laurent Jeanpierre:

Ainsi la défection peut-elle servir de signal pour la résistance, les individus « ayant plus de latitude, ils prennent conscience de toute la gamme de choix qui s’offrent à eux et sont plus désireux de les explorer. »17

Il n’y aurait donc pas d’incompatibilité fondamentale entre l’idée de fuite sous-tendue par la mobilité des errants et le concept de résistance car, de multiples façons, l’errant résiste en proposant un modèle d’existence alternatif. Il s’agit alors de savoir si l’individualisme normatif décrit par Foucault est toujours un modèle d’actualité, et surtout si l’errance est encore susceptible de constituer une résistance quand elle paraît au contraire s’ériger en norme.

Il semblerait que, depuis quelques décennies, l’individualisme, en tant qu’affirmation positive de sa différence, soit extrêmement valorisé, au point où certains auteurs parlent, dès les années 1980, de l’avènement d’une «seconde révolution individualiste18», consécutive au développement de la consommation de masse. Ainsi, Gilles Lipovetsky établit que la société de consommation engendre, certes, un processus d’uniformisation des comportements, mais a également pour effet de renforcer chaque individu dans son identité. De fait, dans un souci d’affirmation de soi, chacun va chercher à se différencier de ses semblables. Cependant, en s’étendant à l’ensemble de la population, cet effort constant pour se démarquer ne serait pas la manifestation d’une résistance à la norme, mais deviendrait au contraire un signe de conformisme. Et l’errance, telle qu’elle est pratiquée de nos jours, semble participer de ce phénomène général de «massification de la déviance».

Parce qu’elle s’appuie sur le phénomène de la mode, la consommation s’inscrit dans une mobilité, qui devient à son tour l’une des valeurs centrales de notre société contemporaine19. L’époque semble ainsi marquée par cette instabilité fondatrice, qu’elle soit amoureuse20, professionnelle21 ou géographique: l’ouverture des frontières et l’accessibilité des moyens de transport, renforcées par un besoin constant d’évasion, occasionnent un développement sans précédent de la mobilité des hommes. Ceci est particulièrement visible dans le film de Wenders où abondent les plans figurant des aéroports et des échangeurs routiers: le monde apparaît ainsi en perpétuel mouvement. Parce qu’elle tend à s’ériger en mode de vie, l’errance ne jouerait plus un rôle de résistance, mais serait corrélative à cet individualisme narcissique engendré par la société de consommation que décrit Lipovetsky.

Pourtant, plutôt que d’interpréter cette errance protéiforme comme la marque d’un repli sur soi, nous pourrions y déceler le signe d’un questionnement identitaire dans un mouvement d’ouverture à l’autre. En effet, alors que Lyotard, décrivant la société postmoderne, fait le constat d’une incrédulité massive à l’égard des idéologies et des croyances22, plus rien ne viendrait tenir ensemble ces électrons libres que sont devenus les hommes. Or, pour pouvoir se définir, l’individu a besoin de principes transcendants donnant un sens à son existence. L’errance que nous connaissons ne serait plus alors une résistance au social se manifestant par un retrait hors du monde, ni même la marque d’une adhésion aveugle à la consommation de masse, mais plutôt la quête de cette transcendance capable de resserrer les liens sociaux et de justifier les individus dans leur manière d’être au monde.

Dans son essai sur le nomadisme, Michel Maffesoli rappelle que si «l’errant peut être solitaire, il n’est pas isolé, et ce parce qu’il participe, réellement, imaginairement ou virtuellement, d’une communauté vaste et informelle23». L’errant est en réalité celui qui crée du lien, et même s’il est considéré comme marginal, il n’est jamais absolument en dehors de la société. De fait, tout récit de voyage, à l’instar de Paris, Texas, repose sur des rencontres, qui font bifurquer le personnage vers d’autres paysages et constituent les étapes d’une quête intérieure. Par ailleurs, l’errant est celui qui apporte la nouveauté au sein de communautés sédentaires: il est le passeur, facteur de progrès, et participe de l’évolution sociale. Ainsi Travis permet-il à Jane de prendre conscience de sa propre condition, et l’amène à renoncer à son travail de strip-teaseuse pour reprendre son rôle de mère. L’errant constitue enfin une forme de miroir pour les sociétés qu’il traverse, car société et errant se déterminent mutuellement24. Dans cet ordre d’idées, les valeurs de Walt, profondément sédentaires, se renforcent devant le vagabondage «irraisonné» de son frère: Walt et Travis se définissent l’un contre l’autre.

L’errance ne repose donc pas ici sur une forme d’individualisme radical mais, au contraire, semble l’expression d’une profonde volonté de lien social. Ainsi, plutôt que de concevoir le vagabond sous l’angle d’une opposition à la société, il serait plus judicieux de voir en lui l’indispensable médiateur, ciment de la communauté. C’est dans cette perspective que nous pouvons comprendre le cheminement de Travis. À l’issue d’une traversée du désert qui le ramène à ses origines, Travis va avoir à cœur de rétablir l’ordre des choses: il récupère son garçon, pour le restituer à sa mère naturelle. Travis semble ainsi vouloir renouer les liens de la filiation: ceux qui le posent en père, mais également ceux qui le constituent en fils, puisque son pèlerinage sur les lieux de sa conception l’amène à se réinsérer dans une généalogie. Le travail de mémoire25 réalisé par Travis à travers cette errance lui permet de recouvrer son identité et d’assumer son rôle au sein d’une lignée. Et s’il persiste à errer sur les routes à l’issue de l’aventure, ce n’est plus dans le même état d’esprit, car l’angoisse causée par le vide et la perte de sens laisse place à une relative sérénité.

L’errance telle qu’elle se manifeste dans Paris, Texas est la transposition géographique d’une quête intime d’absolu, dont l’ultime révélation, dans son apparence discontinue, est justement le besoin d’une continuité dans l’espace et dans l’Histoire, entre les êtres qui composent l’humanité.

Notes (cliquez sur le numéro de la note pour revenir au texte)

1. Palme d’or en 1984.
2. Ils se trouvent dans un désert partagé entre le Texas et le Mexique.
3. Dans un émouvant récit à la femme aimée, caché derrière un miroir sans tain, Travis raconte comment il s’est réveillé un jour, seul, dans sa caravane en proie aux flammes avant de prendre la route pour une errance qui a duré quatre années. Parlant de lui à la troisième personne, il dit: «Quand il s’est réveillé, il était en feu [… Il s’est jeté au-dehors, a roulé sur le sol humide, et puis il a couru. Il ne s’est pas retourné vers le feu. Il a couru. Il a couru jusqu’au lever du soleil, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus courir. Et quand le soleil s’est couché, il a de nouveau couru.»Cette ambiguïté du récit nous permet d’imaginer que Travis, tel un Phénix, s’est consumé avant de renaître aussitôt de ses cendres et de courir vers le lointain. L’image du vautour dans la première séquence rappelle également le Phénix et vient parachever la représentation de la résurrection.
4. Soucieux de plaire à son fils qui le regarde encore comme un étranger, Travis s’informe auprès de l’employée de maison de son frère de la façon dont s’habille et se comporte le père idéal. Celle-ci lui répond: «Souvenez-vous d’une chose: pour être un père riche, il faut garder la tête haute, ne jamais regarder par terre. Un peu plus haut. Il faut marcher raide.» Ainsi, plutôt que d’affirmer son identité, il s’agit au cours de la vie d’endosser différents rôles en adoptant la tenue vestimentaire adéquate, de même que les attitudes et la gestuelle qui produiront l’image de soi que l’on désire projeter.
5. Comment, autrement, concilier la perspective d’un emploi et l’idéal d’une vie de famille?
6. Michel FOUCAULT. Surveiller et punir. Paris, Gallimard, 1975, p. 226. Et aussi, p. 200 : «La discipline « fabrique » des individus; elle est la technique spécifique d’un pouvoir qui se donne les individus à la fois pour objets et pour instruments de son exercice.»
7. Le terme déviant a donc été attaché dès ses origines à l’idée de mobilité.
8. Un comportement que nous qualifierions de déviant en Occident pourrait être admis dans d’autres contrées.
9. Physiocrate qui fut conseiller au présidial d’Orléans, auteur d’un mémoire sur le vagabondage, dont Foucault reproduit quelques citations.
10. Michel FOUCAULT. Surveiller et punir. op. cit., pp. 104-105.
11. Dans une scène ultérieure, Travis raconte comment Jane, sa compagne, s’est enfuie de leur caravane en feu avec leur petit garçon afin d’échapper aux mauvais traitements que son mari lui infligeait en raison de sa jalousie maladive. Incapable de s’occuper seule de leur enfant, Jane a par la suite confié Hunter à la garde de Walt et de son épouse, tandis que Travis, désespéré, a traversé le désert durant quatre années.
12. Michel FOUCAULT. Surveiller et punir. op. cit., p. 126.
13. Ibid., p. 143.
14. Pour Travis, le travail ne permet que de gagner l’argent nécessaire à sa survie; il ne constitue ni une valeur ni un mode d’épanouissement personnel. Dans une scène, il raconte qu’«[i]l [Travis parle de lui à la troisième personne] trouvait un autre travail si l’argent manquait, puis il le lâchait de nouveau
15. Michel FOUCAULT. Surveiller et punir. op. cit., p. 254.
16. Michel FOUCAULT. Histoire de la folie à l’âge classique. Paris, Gallimard, 1972, 583 p.
17. Laurent JEANPIERRE. «La Place de l’exterritorialité», Multitudes Web, [En ligne], <http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article2408>. Page consultée le 21 décembre 2006.
18. Gilles LIPOVETSKY. L’Ère du vide, Paris, Gallimard, 1993, p. 316.
19. Ainsi, comme le démontre Lipovetsky dans son essai, les modes se succèdent et engagent les individus dans un mouvement de consommation perpétuel. Cette quête infinie de la nouveauté entraîne une forme de haine à l’égard de tout ce qui peut représenter un élément de stabilité.
20. À travers la multiplication des partenaires de vie.
21. En raison d’un taux de chômage croissant, les travailleurs doivent faire preuve d’une grande souplesse et accepter de changer plusieurs fois de profession au cours de leur vie.
22. Ainsi, lors d’une de ses errances nocturnes, Travis croise le chemin d’un marginal. Celui-ci, en proie à une sorte de délire mystique, prophétise la fin du monde en hurlant à pleins poumons. Travis l’écoute un instant, puis lui donne une tape sur l’épaule en signe de compassion, sans accorder plus d’importance à ses paroles. La foi semble ainsi assimilée à une forme de folie, à laquelle un homme rationnel et sain d’esprit ne peut plus s’adonner.
23. Michel MAFFESOLI. Du Nomadisme, Paris, Le Livre de poche, 1997, p. 66.
24. On n’est errant que par rapport à une société sédentaire; de même, on ne forme une société sédentaire que par opposition à des individus nomades.
25. Travail de mémoire qui se traduit essentiellement par la présence de photographies et d’un film de famille en super 8. Par ailleurs, Travis confronte ses souvenirs à ceux de Walt durant le trajet en voiture qui les ramène à Los Angeles. De cette conversation émerge le nom de jeune fille de la mère, d’origine espagnole.

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